Loin du tumulte médiatique, les fans de Johnny  Hallyday ont désormais un endroit pour se souvenir de leur idole .”La Table de Johnny” affichait complet lors de son inauguration le jour de la Sain-Valentin à Sélestat, dans le Bas-Rhin. Au menu de ce restaurant atypique, des plats et mets au nom des chansons du Taulier.

Capture Vidéo AFP

Dans une petite rue commerçante, le restaurant d’une soixantaine de couverts effectue un premier service au son des guitares du concert de Johnny Hallyday au Parc des Princes en 1993.

“Je suis émue je ne sais pas quoi dire, je ne trouve pas les mots (…) on peut pas oublier quelqu’un qu’on a aimé pendant 45 ans. C’est une fierté que quelqu’un ait fait cela dans le Bas-Rhin”, explique à l’AFP, Eléonore Achoui, 54 ans.

Sur ses bras, tatoués, la signature de Johnny et le nom de l’album “Jamais seul”, sur sa poitrine, un portrait d’Hallyday. Elle est venue en famille du village voisin de Sundhouse et est assise en face de l’un des deux écrans géants qui diffusent la musique et montrent en boucle le rocker mythique.

Encadrées aux murs, imprimées sur les sets de table et les cartes de visite, des photos de Johnny, des années “yéyé” à ses dernières scènes. Seul “le King” Elvis a lui aussi droit à quelques affiches, car “il était la principale inspiration” de Johnny, estime Lucien Rees, 74 ans, propriétaire du lieu.

Le local, dont les 100m² étaient vides depuis deux ans, expose en vitrine une Harley Davidson flambant neuve et une copie d’un juke-box Wurlitzer signé “Johnny”.

AFP / FREDERICK FLORIN

“C’est un beau rêve que j’aurais aussi aimé réaliser. Johnny est partout chez moi, jusque dans mon lit”, explique Jean-Charles Muller, croix à l’effigie de son idole autour du cou et premier client à être entré 20 minutes avant l’ouverture.

“Après les obsèques de Johnny, c’était difficile de l’oublier… Je voulais créer un lieu de recueillement pour les fans”, explique M. Rees.

“Une fois le choc du décès encaissé”, les travaux, initiés pour ouvrir un restaurant à tapas, ont mué pour “rendre hommage” à celui qui “faisait la foire tout seul, quand les Beatles avaient besoin d’être quatre”, raconte-t-il.

La carte tourne autour des chansons du rocker : de l’entrée au foie gras (“Requiem pour un foie”) au dessert au chocolat (le “Noir c’est noir”). “Ce sont principalement des plats d’inspiration américaine, toute la cuisine que j’aime”, plaisante Germaine Rees.

Son époux assure qu’il n’a pas ouvert pour “se faire de l’argent”. Il a investi une centaine de milliers d’euros et engagé 5 personnes en six semaines

Derrière le bar, Sophie Martz, l’une des employés, a “tout de suite” répondu à l’annonce : “Johnny c’est mon enfance, Johnny, on ne l’oubliera pas ici”, affirme-t-elle

“Il y a tout ce qu’il faut pour rappeler notre idole, on mange à ses côtés”, lance Jean-Marie Haag, employé municipal, venu déguster un repas en couple en ce soir de Saint-Valentin.

La bataille judiciaire qui s’annonce à propos du testament de la star n’inquiète pas sa compagne. “Ce n’est pas mon problème ça, chacun fait ce qu’il veut (…) Je suis fan de Johnny ça s’arrête là, je ne juge pas”, explique Marie-France Haag.

“C’est une histoire de famille, cela ne regarde personne d’autre”, renchérit Eléonore Achoui. Même son de cloche du côté du propriétaire, qui préfère parler “rassemblement” plutôt que division.

“Des motards qui ont accompagné le cercueil nous ont contactés pour organiser leur réunion, idem pour un sosie qui souhaitait faire un concert”, détaille M. Rees

Né à 15 jours d’intervalle avec son idole, il promet en tout cas à ses clients de “travailler jusqu’au dernier jour, comme Johnny”.

Et comme des images parlent mieux que des mots, voici en vidéo ce restaurant atypique

Avec AFP

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