« C dans l’air » du 13 avril 2023, sommaire et invités de Caroline Roux – Ce jeudi et comme presque chaque soir de la semaine, Caroline Roux présentera en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air » dont voici sans plus tarder le sommaire.

Sommaire de C dans l’air du 13 avril 2023
17.30 – L’invité du jour est Stéphane Simon – Producteur de télévision, co-fondateur de « Néo » et auteur des « Derniers jours de Samuel Paty – Enquête sur une tragédie qui aurait dû être évitée » (Plon)
Dans son dernier livre, Les derniers jours de Samuel Paty – Enquête sur une tragédie qui aurait dû être évitée, publié aux éditions Plon, Stéphane Simon fait la reconstitution de ce qu’il s’est passé entre le cours du 5 octobre 2020 et l’assassinat, 11 jours après. Les derniers jours de Samuel Paty donnent à voir les périls, les failles des services administratifs, la faiblesse de l’institution scolaire face à des parents d’élèves qui font leur loi, la lâcheté de ses collègues, la manipulation de la vérité par des islamistes.
Tout au long de cette enquête qui raconte de façon horlogère les derniers jours de Samuel Paty, on découvre que les services de renseignement n’ont pas fait leur travail. À six jours du crime, la plateforme Pharos mentionne une nouvelle fois le compte de celui qui va passer a l’acte : @Tchetchene_270. Le dossier est alors signalé à l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), rattachée à la DGSI. Mais rien ne se passe.
On découvre aussi à quel point que la proviseure du collège Audrey Fouillard s’est battue pour protéger son collège et surtout Samuel Paty, mais qui fait face à “l’impuissance du mille-feuille administratif, les services de renseignement sourds ou démissionnaires, les services de police incapables de protéger un homme en danger de mort imminente”.
Le ministre de l’Education nationale de l’époque, Jean-Michel Blanquer a voulu renforcer les valeurs républicaines, mais Stéphane Simon déplore que “les procédures mises en place font qu’il y a tellement de signalement qu’ils ne les traitent pas”. Jean-Michel Blanquer maintient qu’il n’avait pas entendu parler de l’affaire alors que même que des signalements ont été opérés.
En avril 2022, la famille de Samuel Paty dépose une plainte qui vise les services des ministères de l’Intérieur et de l’Éducation nationale, et pointe des dysfonctionnements. Du côté du ministère de l’Intérieur, Gérald Darmanin “ne croit pas” qu’il y ait eu des failles. “Nous n’avions pas les moyens de connaître le passage à l’acte de ce terroriste, qui ne donnait aucun signe d’en vouloir à Samuel Paty” et ajoute que l’assassin de ce dernier, Abdoullakh Anzorov, “n’était connu par aucun service de renseignement » et qu’il s’était « autoradicalisé en quelques jours ».
Le parquet national anti-terroriste demande le jugement de 14 personnes dans l’affaire Samuel Paty. Stéphane Simon, auteur des Derniers jours de Samuel Paty – Enquête sur une tragédie qui aurait dû être évitée, aux éditions Plon, reviendra sur cette enquête qui revient heure par heure sur les derniers jours de Samuel Paty.
17.45 – Syndicats / Macron : jusqu’où ira le bras de fer ?
« Le combat syndical contre la réforme des retraites est loin d’être terminé ». La partie n’est pas finie pour Laurent Berger. Présent aujourd’hui dans le cortège parisien de cette douzième journée de mobilisation, le secrétaire général de la CFDT a affirmé qu’il se projetait vers de « grandes manifestations populaires le 1er mai ». « Le mouvement n’est pas fini », a confirmé à ses côtés la numéro un de la CGT Sophie Binet, déterminée à obtenir la non promulgationde la réforme, estimant que le président de la République « ne peut gouverner le pays tant qu’il ne la retire pas ».
De son côté, Emmanuel Macron cherche à passer à autre chose, promettant aux syndicats un « échange qui permettra d’engager la suite ». Une proposition froidement reçue par Laurent Berger, qui a plaidé pour un « délai de décence ». « Pour nous, l’ordre du jour est le retrait de cette réforme des retraites », a ajouté Sophie Binet. Une sortie de crise difficile à trouver donc pour le chef de l’Etat, qui voit la contestation le poursuivre jusque dans ses déplacements internationaux, comme cette semaine aux Pays-Bas.
En France, la pression ne faiblit pas non plus. Les grèves continuent dans les raffineries et les transports, et des coups d’éclats un peu partout sur le territoire ont lieu dans un climat tendu, parfois violent, qui risque de trouver son paroxysme demain soir si le Conseil institutionnel valide la loi. Une décision cruciale, qui sera scrutée par l’exécutif comme les opposants.
Les neuf sages de la rue de Montpensier annonceront en effet si la réforme des retraites est partiellement ou entièrement censurée, ou bien au contraire homologuée. Laurent Fabius, le président du Conseil, a donc lourd sur les épaules. Sa décision, hautement politique, pourrait impacter le reste du quinquennat d’Emmanuel Macron. Le Conseil constitutionnel jugera aussi si la demande de référendum d’initiative partagée (RIP) de la gauche est recevable ou non. De son côté, Laurent Berger appelle le chef de l’Etat à débloquer la situation avec l’article 10 de la Constitution, celui-là même qui permet une nouvelle délibération d’avoir lieu au Parlement.
Face à la crise, Elisabeth Borne joue sa survie à Matignon. Et si un début de tension s’est fait sentir ce week-end entre elle et le président de la République, c’est maintenant sa déclaration sur la ligue des Droits de l’Homme qui surprend. Expliquant « ne plus comprendre » certaines positions de l’association, elle emboîte le pas à Gérald Darmanin, qui a déclaré pour sa part que « la subvention donnée par l’Etat à la LDH méritait d’être regardée dans le cadre des actions qui ont pu être menées ».
Alors, cette douzième mobilisation de l’intersyndicale est-elle la dernière ? Le Conseil constitutionnel mettra-t-il fin à la crise ? Elisabeth Borne peut-elle encore rester à Matignon ?
Les experts du jour :
– Pascal PERRINEAU – Politologue,
professeur des universités à Sciences Po, auteur
du Populisme
– Carl MEEUS – Rédacteur en chef du Figaro Magazine
– Nathalie SAINT-CRICQ – Éditorialiste politique à France Télévisions
– Soazig QUÉMÉNER – Rédactrice en chef du service politique de Marianne
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