« C dans l’air » du 15 mars 2023, sommaire et invités de Caroline Roux de ce mercredi soir – Ce mercredi et comme presque chaque soir de la semaine, Caroline Roux présentera en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air ».

Comme chaque jour, France Télévisions a levé le voile sur le sommaire de l’émission.
C dans l’air du 15 mars 2023 : Sommaire
17.30 L’invité de « C dans l’air »
Raphaël Schellenberger député LR du Haut-Rhin, président de la
commission d’enquête parlementaire sur la souveraineté énergétique
de la #France, sera l’invité ce soir de Caroline Roux.
17:45 – « C dans l’air »
La revanche du nucléaire ?
Les députés ont entamé lundi 13 mars à l’Assemblée nationale
l’examen du projet de loi sur l’accélération du nucléaire. Il
prévoit la construction de six nouveaux EPR. L’examen de ce projet
de loi intervient dans un contexte où, depuis plusieurs mois, on
s’interroge sur la stratégie et les nombreux changements de pieds
de l’Etat dans ce domaine. Le manque de vision de long terme a
notamment été pointé du doigt par l’ancien ministre Arnaud
Montebourg.
Emmanuel Macron avait lui-même annoncé des fermetures de centrales
au début de son premier mandat. L’objectif était même inscrit noir
sur blanc dans le rapport sur la programmation pluriannuelle de
l’énergie, publié en 2020. Mais le président de la République a
depuis fait machine arrière.
L’actuel cap de l’exécutif a été fixé lors du discours de Belfort
prononcé par Emmanuel Macron le 10 février 2022. Il replace le
nucléaire au cœur de la politique énergétique nationale. Les
députés ont d’ailleurs validé en commission la suppression du
plafond de 50 % de la part de l’énergie nucléaire dans le mix
électrique français d’ici 2035. Ce plafond avait été introduit par
François Hollande en 2015, année où la France avait décidé la
fermeture de 14 de ses 58 réacteurs. « Il est temps de ne pas avoir
le nucléaire honteux », a pointé Maud Bregeon, la rapporteuse du
projet de loi et ancienne d’EDF dans la filière nucléaire.
En plus des nouveaux EPR, le projet de loi prévoit de rallonger la
durée de vie des centrales au-delà de 60 ans contre 40 ans au
maximum actuellement. D’ici 2030, les réacteurs les plus vieux
atteindront les 50 ans d’existence.
Le gouvernement mise sur le traditionnel soutien de la droite à
l’atome pour une adoption du texte sans trop de difficultés en
première lecture, après le très large vote du Sénat fin
janvier.
Mais face à eux, les opposants au nucléaire, EELV et LFI, comptent
s’appuyer sur l’actualité récente pour pointer les dangers de la
filière. Début mars, une fissure importante a été constatée dans
une conduite de refroidissement d’urgence de l’un des réacteurs de
la centrale nucléaire de Penly, en Seine-Maritime. Une deuxième
fissure, moins conséquente, a été détectée quelques jours plus tard
sur un autre réacteur de la même centrale. Cela pose la question de
la sûreté de nos installations. D’autant plus qu’à ces problèmes
techniques s’ajoute une décision politique de l’exécutif qui met le
feu aux poudres. Le gouvernement a justement ajouté au texte la
réforme de la sûreté nucléaire, adoptée par les députés en
commission.
Celle-ci prévoit le démantèlement de l’Institut de radioprotection
et de sûreté nucléaire, l’IRSN, et le transfert de ses experts vers
l’Autorité de sûreté nucléaire, l’ASN, le gendarme des centrales.
Les syndicats des deux institutions sont vent debout contre cette
réforme, qui suscite aussi l’ire de la gauche et des protestations
jusque dans la majorité. Les opposants craignent pour
l’indépendance, la transparence et la qualité de l’expertise. Les
experts de l’IRSN redoutent en effet que leur travail ne soit plus
guidé par le seul critère de la sûreté, mais aussi par les
préoccupations des exploitants. Les débats s’annoncent donc tendus
sur le sujet.
Les risques de voir les sécheresses se multiplier et s’intensifier
avec le réchauffement climatique, ce qui pose la question du
refroidissement des réacteurs, sera sans doute aussi souligné par
les opposants à la réforme. Tout comme la gestion des déchets
nucléaires.
Un autre défi à relever pour la filière nucléaire est la formation
de personnel qualifié en nombre suffisant. Car la pénurie de
main-d’œuvre est là et s’est déjà révélée pénalisante. Cet automne
lorsqu’il a fallu faire face à des problèmes de corrosion, nous
avons dû faire appel à des soudeurs étrangers. Le manque de
personnel qualifié est l’un des facteurs qui participent à
rallonger la durée de ces maintenances, prévues ou imprévues. Des
écoles de formation essaient de recruter d’avantage pour faire face
aux grands besoin du secteur.
Les changements de cap sur la filière nucléaire appartiennent-ils,
pour de bon, au passé ?
Sécheresse, corrosion, le secteur nucléaire est-il préparé face aux
risques qui se multiplient ?
Est-on capable de former assez rapidement du personnel qualifié en
nombre suffisant pour relancer la filière nucléaire tricolore ?
Les experts:
– Erwan Benezet – Journaliste au service économie, en charge de
l’énergie – « Le Parisien – Aujourd’hui en France »
– Elie COHEN – Économiste – Directeur de recherches au CNRS
– Soazig Quemener – Rédactrice en chef du service politique – «
Marianne »
– Sharon Wajsbrot – Journaliste spécialiste des énergies – « Les
Echos »
Le sujet vous questionne ?
Posez votre question par SMS au 41 555 (du lundi au samedi de 15h30 à 19h00 | 0,05 € / SMS), sur Twitter avec le hashtag #cdanslair.
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