« C dans l’air » du 21 mars 2023, sommaire et invités de Caroline Roux de ce mardi soir – Ce mardi et comme presque chaque soir de la semaine, Caroline Roux présentera en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air ».

Comme chaque jour, France Télévisions a levé le voile sur le sommaire de l’émission.
C dans l’air du 21 mars 2023 : Sommaire
17.30 L’invité de « C dans l’air » avec Etienne Dignat
A midi aujourd’hui, Olivier Dubois a été accueilli par le président de la République Emmanuel Macron. Ce journaliste indépendant a été libéré lundi 20 mars après 711 jours de captivité au Sahel. Il a été enlevé à Gao, dans le nord du Mali, le 8 avril 2021, où il s’était rendu pour interviewer un cadre jihadiste. Olivier Dubois était le seul otage français recensé non retenu par un Etat dans le monde depuis la libération, en octobre 2020, de Sophie Pétronin, également enlevée au Mali.
Sur les conditions de sa libération, on ne sait rien d’officiel. « Les choses se sont faites dans le secret de la diplomatie. Il n’y a plus d’ambassadeur officiel de France. Les choses ont dû se jouer sous le manteau, sous la table comme on dit. Visiblement, les autorités nigériennes ont joué un rôle. C’était sur la table depuis octobre dernier. Il semblerait, selon les premiers mots d’Olivier, qu’ils ont pu jouer un rôle« , a déclaré hier Marc de Boni, le porte-parole du Comité de soutien pour la libération d’Olivier Dubois.
Hier aussi, l’Américain Jeffery Woodke est lui aussi apparu
libre à l’aéroport de Niamey, au Niger, après plus de six ans de
captivité. Présent aux côtés d’Olivier Dubois, cet humanitaire
chrétien venait en aide aux populations nomades avec une ONG à
Abalak au Niger, avant d’être enlevé le 14 octobre 2016 par des
groupes jihadistes et conduit au Mali.
Étienne Dignat est chercheur associé au Centre de recherches
internationales de Sciences-Po (CERI), enseignant en éthique de la
guerre. Il a publié le 8 février « La Rançon de la terreur
: gouverner le marché des otages » aux Presses
universitaires de France. Payer ou ne pas payer une rançon ? C’est
la question qu’il se pose dans cet ouvrage où il propose une
réflexion sans tabou sur ce monde méconnu. D’après lui,
« en France, on a des ex-otages qui témoignent, des
familles, des journalistes. Mais on n’a aucune réflexion qui prend
du recul sur la tendance longue, sur les évolutions des prises
d’otage, sur ce que nous disent les chiffres, sur les différentes
approches« .
Étienne Dignat reviendra avec Caroline Roux sur les différentes approches qui conduisent au dénouement de la libération d’un otage.
17.45 C dans l’air – La réforme passe, la colère monte
Le dossier des retraites est loin d’être clos. Au lendemain de
l’adoption du texte au Parlement, consécutivement au rejet des deux
motions de censure à l’Assemblée nationale, l’Elysée a annoncé que
le chef de l’Etat, jusqu’ici resté très silencieux, donnera une
interview à TF1 et France 2 ce mercredi 22 mars à 13 heures, en
direct.
Cette annonce intervient alors que le président de la République va
consulter tous azimuts ce mardi. Il a reçu ce matin la Première
ministre qui a échappé de peu la veille à un renversement de son
gouvernement, avec le rejet à neuf voix près d’une motion de
censure transpartisane à l’Assemblée. « Je suis
déterminée à continuer à porter les transformations nécessaires à
notre pays », a assuré lundi soir Elisabeth Borne,
conviée à l’Elysée avec plusieurs membres du gouvernement et les
chefs de la majorité. Emmanuel Macron a ensuite déjeuné avec Yaël
Braun-Pivet et Gérard Larcher, présidents de l’Assemblée et du
Sénat, avant une réunion en soirée avec les parlementaires du camp
présidentiel.
Si les motions de censure ont été rejetées, les oppositions
réclament toujours la démission de la Première ministre et le
retrait du texte. Elles comptent notamment sur des recours devant
le Conseil constitutionnel et ont soumis une demande de référendum
d’initiative partagée (RIP), dont les Sages doivent examiner la
recevabilité.
Les opposants à la réforme appellent également à poursuivre la
mobilisation dans la rue : la prochaine journée de grèves et de
manifestation à l’appel de l’intersyndicale est prévue ce jeudi 23
mars. Mais d’ici là les rassemblements et blocages se poursuivent
partout dans le pays. Hier soir, des rassemblements et des défilés
ont eu lieu une nouvelles fois dans plusieurs villes, en
particulier dans la capitale. Des poubelles ont été renversées et
brûlées, des barricades et des fumigènes ont marqué certains des
rassemblements. Mais alors que 287 interpellations ont été
recensées dans le pays dont 234 à Paris, plusieurs vidéos de cette
soirée diffusées sur les réseaux sociaux mettent en cause les
forces de l’ordre et soulèvent la question de la stratégie du
maintien de l’ordre adoptée. L’une d’elles fait particulièrement
réagir. Filmée à Paris, elle montre un homme auquel un policier
administre un coup de poing. La personne tombe au sol, mise KO. Et
le policier s’éloigne. La députée Raquel Garrido (LFI) a demandé
sur Twitter au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, d’arrêter
le massacre. Son collègue Thomas Portes a fait part de sa
« honte » de la police. Il a dénoncé par
ailleurs le « silence radio » du ministre.
Dans un communiqué, le Syndicat de la magistrature a déploré
également la manière dont sont gérées les manifestations des
derniers jours. « Des centaines d’interpellations et de
mesures de garde à vue ont été décidées depuis jeudi dernier. La
très grande majorité de ces mesures n’a reçu aucune suite
judiciaire (à Paris, après la manifestation de jeudi place de la
Concorde, sur 292 gardes à vue de manifestants, seules 9 ont donné
lieu à des poursuites pénales) », écrit-il.
« Nous avons vu ces scènes indignes d’une démocratie : des
policiers exerçant des violences illégitimes contre des
manifestants et des street medics (NDLR : des personnes effectuant
des soins dans les manifestations), des interpellations collectives
de manifestants enjoints de s’asseoir par dizaines à terre, mains
sur la tête, des journalistes faisant leur métier menacés ou
brutalisés« , dénonce le syndicat.
A l’opposé de ces prises de position, la préfecture de police de
Paris a communiqué ce mardi matin sur sa satisfaction. Invité par
la suite sur BFM TV, le préfet Laurent Nunez a justifié l’usage des
nasses. Il a également indiqué que l’IGPN a été saisie dans
l’affaire du coup de poing et que « toutes les
investigations seront menées pour savoir si ce coup était adapté ou
pas« .
Des images et une crise politique scrutées depuis plusieurs jours
par la presse étrangère qui anticipe un avenir orageux pour les
institutions françaises et une fin de mandat infernale pour
Emmanuel Macron contre qui la « colère » est
dirigée. Une colère, d’après le New York Times, qui
« s’est intensifiée » après « le
passage en force sur les réformes« . Même tonalité dans
le Süddeutsche Zeitung de Munich : « Le
calme ne revient pas, la résistance ne s’arrête pas. »
Revenant sur le 49.3, le journal de Berlin Der
Tagesspiegel évoque lui une « catastrophe
politique« . Quand en Espagne, où une autre réforme des
retraites vient d’être validée mettant davantage à contribution les
revenus les plus élevés et les entreprises, le quotidien
madrilène El País estime que « le 49.3
menace d’empoisonner la vie politique et sociale pour des mois,
sinon des années« . « Macron s’est mis à dos la
majorité du pays. Il a nourri la défiance envers les institutions
et alimenté les accusations contre des dirigeants jugés déconnectés
des réalités sociales.«
Alors comment gouverner après avoir échappé de neuf voix à la
censure ? Que va-t-il se passer chez LR alors qu’un tiers des
députés n’a pas suivi la ligne du parti édictée par Eric Ciotti ?
Comment sortir de la crise politique ?
Les experts
– Jérôme JAFFRÉ – Politologue – Chercheur associé au CEVIPOF
– Nathalie SCHUCK – Grand reporter – Le Point
– Caroline MICHEL-AGUIRRE – Grand reporter au service politique
– L’Obs
– Jérôme FOURQUET – Directeur département Opinion – Institut de
sondages, auteur de La France sous nos yeux
Le sujet vous questionne ?
Posez votre question par SMS au 41 555 (du lundi au samedi de 15.30 à 19.00 | 0,05 € / SMS), sur Twitter avec le hashtag #cdanslair.
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