« C dans l’air » du 22 mars 2023, sommaire et invités de Caroline Roux de ce mercredi soir – Ce mercredi et comme presque chaque soir de la semaine, Caroline Roux présentera en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air » dont voici sans plus tarder le sommaire.

C dans l’air du 22 mars 2023 : Sommaire
17.30 – L’invité de « C dans l’air » avec Alain Bauer
Alain Bauer est professeur au Conservatoire national des arts et métiers, responsable scientifique du pôle sécurité, défense, renseignement. Et il publie aujourd’hui chez Fayard : « Au commencement était la guerre« , dans lequel il analyse les conséquences globales de la guerre en Ukraine allant de tout le système logistique de la nourriture qui a été touché, à Vladimir Poutine qui affame la population, attaque l’approvisionnement en électricité et en eau de l’Ukraine, déporte de force des millions de citoyens ukrainiens, pille les œuvres d’art en Ukraine…
Le président chinois Xi Jinping a entamé ce lundi 20 mars une visite officielle de 3 jours à Moscou où il a été reçu par Vladimir Poutine. Au travers de cette visite, l’objetcif de la Chine est de présenter son « plan de paix » en Ukraine, mais aussi de montrer le renforcement de la relation diplomatique entre les 2 pays. Cette rencontre est d’autant plus importante que, la semaine dernière, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour « crime de guerre » en Ukraine.
Le chef du Kremlin Poutine a salué « la volonté de la Chine de jouer un rôle constructif » en Ukraine et estime que « les relations russo-chinoises ont atteint le point culminant de leur histoire« . De son côté ce mardi, Xi Jinping a estimé que son déplacement répondait à une « logique historique », car « nous sommes les plus grandes puissances voisines et des partenaires stratégiques à tous les niveaux« .
Selon le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko, peu après l’arrivée de Xi Jinping à Moscou, « l’Ukraine suit de près la visite du président chinois en Russie. Nous nous attendons à ce que Pékin utilise son influence sur Moscou pour qu’il mette fin à la guerre d’agression contre l’Ukraine« . Du côté des États-Unis, le secrétaire d’État Antony Blinken, a appelé « le monde à ne pas être dupe face à toute décision tactique de la Russie, soutenue par la Chine ou tout autre pays, de geler le conflit selon ses propres conditions« .
Dans la foulée de cette visite, Washington a d’ailleurs annoncé une nouvelle tranche d’aide, de 350 millions de dollars, et assuré Kiev de son soutien « aussi longtemps que nécessaire« , et l’Union européenne entend augmenter fortement leur soutien militaire à l’Ukraine et a approuvé l’allocation de 2 milliards d’euros pour acheter et livrer des munitions d’artillerie à Kiev ainsi que la livraison d’un million d’obus et de missiles d’ici à un an.
Alain Bauer reviendra sur les prémices de ce conflit sur le territoire ukrainien et sur le nouvel ordre mondial qui s’ouvre.
17.45 – C dans l’air – Macron assume… Opposition et syndicats vent debout
Après presque une semaine de crise depuis le recours du
gouvernement au 49.3, et alors que les manifestations et les
blocages se multiplient dans le pays, Emmanuel Macron s’est adressé
ce mercredi aux Français lors d’une interview télévisée sur TF1 et
France 2.
Le chef de l’Etat qui ne veut ni dissolution, ni remaniement, ni
référendum, entendait montrer qu’il tenait la barre, engagé sur un
chemin dont la direction n’a pas changé. Il a ainsi réaffirmé la
nécessité de sa réforme des retraites dont il souhaite l’entrée en
vigueur « d’ici la fin de l’année » et s’est dit
prêt à « endosser l’impopularité » pour la
mettre en œuvre. Renouvelant sa confiance à Élisabeth Borne mais
lui demandant d’ »élargir » la majorité, le président de
la République a par ailleurs regretté que les syndicats n’aient pas
présenté de « proposition de compromis »
sur le texte, soulignant que le gouvernement l’a fait, en revanche,
« avec le Parlement« .
Mardi, au terme d’une journée d’intenses consultations, Emmanuel
Macron avait appelé le gouvernement
à « apaiser » et « écouter
les colères« , tout en assumant ses choix, selon des
participants à une réunion avec les parlementaires de son camp dont
certains sont très remontés après l’usage du 49.3. « La
foule, quelle qu’elle soit, n’a pas de légitimité face au peuple
qui s’exprime souverain à travers ses élus« , avait-il
également mis en garde.
« Ce sont des propos qui clarifient » a expliqué
ce mercredi le président lors de son interview. « On ne
peut accepter ni les factieux, ni les factions » a-t-il
aussi fait valoir alors que de nouveaux rassemblements ont été
organisés hier soir dans plusieurs grandes villes françaises,
théâtre pour certaines d’entre elles de tensions entre forces de
l’ordre et manifestants. « Qu’il y ait des manifestations,
c’est légitime. Ça a été fait de manière calme et organisé. Les
violences il faut les condamner, les blocages, il faut les lever.
On ne tolérera aucun débordement » a encore prévenu Emmanuel
Macron à la veille d’une 9e journée de de grèves et de
manifestations prévue ce jeudi 23 mars à l’appel de
l’intersyndicale.
Vu la gravité de la crise politique, le chef de l’Etat a par
ailleurs annoncé le report de l’examen de la loi immigration au
Sénat. « Nous allons réagencer les choses et
découper les textes plus courts« , a-t-il expliqué. Le
président de la République a également dit souhaiter
« réengager » le dialogue avec les partenaires
sociaux sur les conditions de travail, pour
entendre « ce besoin de justice » exprimé
par les manifestants. Il a promis que la discussion concernerait
notamment l’évolution des carrières ou la pénibilité, et se
tiendrait « dans les prochaines semaines« .
Mais a-t-il convaincu ? Furieux, Laurent Berger n’a pas tardé à
répondre sur Twitter, accusant Emmanuel Macron de « déni
et de mensonge ! La CFDT a un projet de réforme des retraites.
Macron 2019 l’avait compris, il avait repris notre ambition d’un
système universel. Macron 2023 refait l’histoire et ment sur la
CDFT pour masquer son incapacité à trouver une majorité pour voter
sa réforme injuste » a écrit le leader du syndicat
réformiste. Les propos d’Emmanuel Macron sont « du mépris
pour les millions de personnes qui manifestent« , a réagi
de son côté Philippe Martinez. Le patron de la CGT a également fait
part de son inquiétude. « Le président de la République
est sûr tout seul de ce qu’il fait, et c’est grave« ,
a-t-il déclaré sur France 2.
Du côté de l’opposition, les réactions et les critiques n’ont
également pas tardé. Le leader de la France insoumise a dénoncé les
« traditionnelles marques de mépris » et
« l’arrogance » d’Emmanuel Macron après son
entretien télévisé, estimant que le chef de l’Etat « vit
en dehors toute réalité« . « La foule est
au peuple ce que le cri est à la voix« , a ajouté
Jean-Luc Mélenchon en référence aux propos de la veille du
président. Le premier secrétaire du Parti socialiste a lui aussi
jugé avec sévérité l’interview du président de la République,
estimant que celui-ci aggrave le mécontentement social.
« C’est hallucinant, il est dans un déni absolu. Je crains
qu’il n’ait mis plus d’explosifs sur un brasier déjà bien
allumé« , notamment en « disqualifiant les
syndicats » a déclaré Olivier Faure depuis l’Assemblée
nationale. Marine Tondelier, la secrétaire nationale d’EELV, s’est
dit pour sa part sur Twitter « glacée par la
démonstration d’autosatisfaction du président » qui,
à ses yeux, a tenu des « propos offensants« . Le
député LR Aurélien Pradié, qui a croisé le fer avec le gouvernement
sur la réforme des retraites, a de son côté accusé Emmanuel Macron
de « jouer avec le feu« . C’est « une
provocation de plus », a-t-il affirmé.
Alors que retenir de l’interview du président de la République ?
Comment Elisabeth Borne peut-elle bâtir une « majorité
élargie » ? Et que vont faire maintenant les syndicats
?
Les experts du jour
– Christophe BARBIER – éditorialiste politique, conseiller de la
rédaction de Franc-tireur
– Raphaëlle BACQUé – Grand reporter au journal Le
Monde
– Astrid DE VILLAINES – cheffe du service politique
au Huffington Post
– Bernard SANANES – politologue, président de l’institut de
sondages Elabe
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