« C dans l’air » du 23 mars 2023, sommaire et invités de Caroline Roux de ce jeudi soir – Ce jeudi et comme presque chaque soir de la semaine, Caroline Roux présentera en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air » dont voici sans plus tarder le sommaire.

C dans l’air du 23 mars 2023 : Sommaire
17.30 L’invité de « C dans l’air » avec Anne-Sophie Jahn
Anne-Sophie Jahn, journaliste au Point, mène une enquête édifiante sur une tragédie que l’on n’appelait pas encore féminicide : la mort de Marie Trintignant, quand Bertrand Cantat, leader du groupe Noir Désir, commettait l’irréparable en frappant à mort sa compagne dans une chambre d’hôtel de Vilnius. Anne-Sophie Jahn rouvre le dossier. En partant elle-même sur les traces du drame, elle a remonté le fil de cette affaire. Elle démontre que la mort de la jeune femme n’était pas un accident. Et prouve que tout l’entourage du chanteur, professionnel comme personnel, s’était ligué pour le protéger en déclarant qu’il n’était pas un homme violent alors qu’il avait pourtant frappé plusieurs de ses compagnes.
Pour Anne-Sophie Jahn, « il y a un énorme malentendu : c’est l’histoire d’une dispute qui a mal tourné. Une gifle donnée, elle tombe contre un radiateur, et elle fait une hémorragie cérébrale. Un accident grave. C’est désolant, mais quelque chose qui peut arriver. Dans ma mémoire, dans celle de mon entourage, c’est clairement un accident. C’est aussi l’histoire qui est restée dans l’inconscient collectif« . Mais pourquoi cette version a-t-elle été retenue ? « En commençant à enquêter, en 2016, je n’ai aucun a priori contre Bertrand Cantat. Je rentre avec naïveté dans cette affaire. En consultant les archives, en regardant les faits rapportés au procès de Vilnius, en mars 2004, il m’apparaît indéniable que la version parvenue jusqu’à nous est fausse. Il ne s’agit pas du tout d’une simple gifle. Les faits sont beaucoup plus graves. Le rapport d’autopsie parle de 19 coups portés, donc la thèse de l’accident avancée par Bertrand Cantat ne tient pas« , affirme Anne-Sophie Jahn.
Anne-Sophie Jahn s’interroge sur la manière dont aurait été traitée l’affaire si elle s’était produite aujourd’hui, après le tournant Me Too. Selon elle, l’homme a certainement bénéficié d’une bienveillance malsaine. Dans son livre, on découvre les propos peu amènes tenus par son frère Xavier au sujet de la défunte. « Sa béatification orchestrée sous les auspices du microcosme cinématographique, milieu dont on connaît les turpitudes, est indigne« , avait-il affirmé après l’enterrement de Marie Trintignant.
Anne-Sophie Jahn, journaliste au Point, reviendra sur son enquête révélée dans son livre « Désir noir« , publié chez Flammarion, sur une tragédie que l’on n’appelait pas encore féminicide : la mort de Marie Trintignant.
17.45 C dans l’air
Neuvième journée de mobilisation intersyndicale contre la
réforme des retraites ce jeudi en France sous haute tension. Une
semaine après le recours du gouvernement au 49.3 à l’Assemblée,
provoquant depuis des rassemblements quotidiens, et au lendemain de
l’interview d’Emmanuel Macron qui a ulcéré syndicats et opposition,
des centaines de milliers de personnes ont manifesté un peu partout
dans le pays, bien décidés à répondre au chef de l’Etat dans la
rue.
Pour le leader de la CGT Philippe Martinez ce 23 mars
« est l’une de plus grosses mobilisations depuis le début.
L’état d’esprit est le même, la détermination est là, avec un peu
de colère quand même après l’allocution du président de la
République » qui a selon lui « jeté un bidon
d’essence sur le feu« . De son côté Laurent Berger a
dénoncé « l’inélégance » du tacle
d’Emmanuel Macron sur la CFDT, et un discours de
« provocation » vis-à-vis des organisations
syndicales, accusées de ne pas avoir voulu aller au compromis. Le
patron de la CFDT a également estimé que le chef de l’Etat
« a mis la charrue avant les bœufs » :
« le processus n’est pas encore allé au bout, il reste le
Conseil constitutionnel et la possibilité du RIP« . Se
félicitant d’un « regain de mobilisation« , il a
appelé « au respect des biens et des personnes, à la
non-violence« . « Jusqu’au bout il va falloir
garder l’opinion, c’est notre pépite« , et pour cela
« il faut des actions non violentes, qui n’handicapent pas
le quotidien des citoyens« , a-t-il expliqué alors que la
colère gronde chaque jour plus fort dans l’Hexagone.
Après le passage en force de la réforme des retraites avec le 49.3
et l’annonce du rejet des deux motions de censure lundi, la tension
est encore montée d’un cran dans le pays où les rassemblements
spontanés et les blocages se multiplient dans les sites pétroliers,
les ports, sur les routes, dans le secteur aérien, gazier ou encore
dans les lycées et les universités.
Les syndicats qui se réuniront ce soir au siège de la CFDT
pourraient appeler ce soir à une nouvelle journée d’action, bien
décidés à poursuivre la mobilisation, les regards désormais tournés
vers le Conseil constitutionnel qui a été saisi pour examiner la
réforme des retraites. Pourrait-il censurer ce texte intégré au
projet de loi rectificatif du financement de la sécurité sociale ?
Laurent Fabius, lui-même président du Conseil constitutionnel,
avait alerté en janvier dernier, rappelant selon le Canard
enchaîné, la règle en matière de texte financier :
« Tout ce qui est hors champ financier peut être considéré
comme un cavalier budgétaire, et dans ce cas, il faudrait un
deuxième texte« . Exemple cité par l’ancien Premier
ministre socialiste : « L’index des seniors, les
critères de pénibilités ne relèvent pas du PLFRSS« .
D’autres constitutionnalistes mettent en avant une deuxième
critique possible qui est l’usage de ce véhicule législatif prévu à
l’article 47.1, qui impose des délais très contraints, cumulé avec
le recours à d’autres procédés comme le vote bloqué prévu à
l’article 44.3, l’opposition à de nouveaux amendements avec le 44.2
et bien sûr le 49.3 qui permet d’adopter un texte sans vote en
engageant la responsabilité du gouvernement.
Les Sages de la rue de Montpensier ont un mois pour se prononcer
sur la constitutionnalité du texte. Ils devraient aussi avoir à
observer une procédure pour un référendum d’initiative partagée,
déposée par la Nupes.
Les experts :
– Yves THRÉARD – Éditorialiste, directeur adjoint de la rédaction
– Le Figaro
– Soazig QUÉMÉNER – Rédactrice en chef du service politique
– Marianne
– Emmanuelle ANIZON – Grand reporter – L’Obs,
spécialiste des mouvements contestataires
– Frédéric DABI – Directeur général Opinion – Institut de sondages
IFOP, auteur de La fracture
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