« C dans l’air » du 8 mars 2023, sommaire et invités de Caroline Roux de ce mercredi soir – Ce mercredi, et comme chaque soir de la semaine, Caroline Roux présentera en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air ».

Comme chaque jour, France Télévisions a levé le voile sur le sommaire de l’émission.
C dans l’air du 8 mars 2023 : Sommaire
17.30 L’invité de « C dans l’air »
Caroline Roux reçoit ce soir Chirinne Ardakani, avocate
franco-iranienne au Barreau du Val-d’Oise, membre du collectif Iran
Justice. Franco-iranienne, elle est engagée dans le collectif
Iran Justice qui recense les exactions du régime de Téhéran.
Le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes. La
première, depuis la mort de Mahsa Amini, une Iranienne de 22 ans
décédée pour n’avoir pas correctement porté son voile, qui a mené
au soulèvement révolutionnaire qui secoue le pays actuellement.
Mais en réalité, les Iraniens se battent depuis 44 ans pour la
liberté et la vie des femmes, puisque le 8 mars 1979, c’était la
première rébellion des Iraniennes contre le port du voile
obligatoire.
Dans la répression des manifestants en Iran, plus de 500 personnes
ont été tuées, selon Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, et
plus de 20 000 arrestations. Faute de pouvoir exercer leur travail
en Iran, les avocats iraniens ne peuvent pas assumer la défense de
leurs clients dans des conditions satisfaisantes. Alors à Paris, un
collectif de 16 avocats, dont 13 Franco-Iraniens, se battent tous
les jours pour réunir suffisamment d’éléments pour que la
répression du régime des mollahs soit punie par la loi.
Chirinne Ardakani fait partie de ce collectif. Pour elle,
« mon engagement dans ce collectif renforce ma vocation
d’avocate« . À ce jour, 174 faits ont été répertoriés.
« En réalité, on est dépassé. Le compteur explose et on
n’arrive pas humainement à tout recenser« , affirme
Chirinne Ardakani.
De nouveaux cas d’intoxication de jeunes filles ont été répertoriés ce dimanche dans plusieurs régions d’Iran. L’empoisonnement de plusieurs élèves a été rapporté dans deux lycées de filles des villes d’Abhar (ouest) et d’Ahvaz (sud-ouest), mais aussi dans une école primaire de Zanjan (ouest), a rapporté l’agence de presse Isna, citant des responsables sanitaires locaux. Leurs parents s’étaient rassemblés le 14 février devant le gouvernorat de la ville pour « demander des explications » de la part des autorités, selon l’agence officielle Irna.
À la suite de cette enquête, « le vice-ministre de la Santé Youness Panahi a implicitement confirmé dimanche que l’empoisonnement des élèves de Qom était intentionnel« , a annoncé Irna. « Il s’est avéré que certains individus voulaient que toutes les écoles, en particulier les écoles de filles, soient fermées« , a déclaré Youness Panahi. Pour l’instant, aucune interpellation n’a été annoncée.
Chirinne Ardakani nous racontera le travail minutieux du collectif Iran Justice qui répertorie des preuves contre le régime de Téhéran, et reviendra sur les dessous et les enjeux de cette révolte iranienne.
17:45 C dans l’air
Que se passe-t-il au Parlement ? Alors que des milliers de
Français manifestaient mardi un peu partout en France contre la
réforme des retraites, 3,5 millions selon la CGT, 1,28 selon le
ministère de l’Intérieur, l’Assemblée nationale a connu une séance
particulièrement tumultueuse à l’occasion de débats sur
l’exemplarité des élus.
Les députés avaient à peine commencé leurs interventions en fin
d’après-midi sur la proposition de la présidente du groupe
Renaissance Aurore Bergé, que les échanges ont totalement dérapé.
Le texte examiné visait à imposer une peine d’inéligibilité
automatique aux auteurs de violences aggravées, en particulier sur
les mineurs et les conjoint(es). Mais il a très vite été critiqué
par les oppositions comme une réaction opportuniste à la
condamnation du député insoumis Adrien Quatennens en décembre
dernier pour des violences sur sa compagne.
À la tribune, le président du groupe LR Olivier Marleix a invité la
majorité à « s’offrir une séance
d’introspection » et ne s’est pas privé d’énumérer des
condamnations, mises en examen ou enquêtes concernant des membres
du camp présidentiel, le député Damien Abad, le secrétaire général
de l’Elysée Alexis Kohler et, pour terminer, le garde des
Sceaux.
Eric Dupond-Moretti est mis en examen pour prise illégale
d’intérêts, une première pour un ministre de la Justice en
exercice. L’association de lutte contre la corruption Anticor et
les deux principaux syndicats de magistrats avaient déposé une
plainte à l’encontre du garde des Sceaux, l’accusant d’avoir
profité de son poste pour régler des comptes avec des magistrats,
dans des affaires où il était impliqué en tant qu’avocat. La Cour
de justice de la République (CJR), juridiction destinée à juger les
ministres ou ex-ministres pour les crimes ou délits commis dans
l’exercice de leurs fonctions, a ordonné un procès, mais les
avocats d’Éric Dupond-Moretti ont formé un pourvoi en
cassation.
Piqué au vif, le ministre de la Justice a alors fait deux bras
d’honneur. Face au tollé suscité, et après deux suspensions de
séance, le garde des Sceaux a finalement reconnu et
« regretté » ses gestes qui n’étaient selon lui
« pas adressés au député Marleix » mais à
l’atteinte « à la présomption d’innocence« .
« Vous avez fréquenté beaucoup de voyous, mais c’est plus
qu’inapproprié« , l’a corrigé Olivier Marleix.
Finalement, le texte a été repoussé par l’hémicycle, à hauteur de
140 voix contre 113. Un revers dur à accepter pour la députée
Aurore Bergé, porteuse du projet, qui avait fini la défense de son
texte au bord des larmes. Mais l’affaire est loin d’être close pour
nombre de députés. Ente indignation et consternation, des élus de
toutes les oppositions réclament la démission du ministre de la
Justice tandis qu’au Sénat l’application, inédite, de l’article 38
enflamme les débats.
En plein examen de l’article 7 de la réforme des retraites, celui
qui consacre le recul de l’âge de départ à 64 ans, le sénateur LR
Bruno Retailleau a dégainé un point du règlement jamais utilisé
pour couper court aux débats dans la nuit de mardi. La gauche
dénonce une « censure » et
« attaque contre la démocratie !« .
Les Sénateurs doivent poursuivre l’examen du projet de réforme des
retraites jusqu’à ce dimanche alors que les grèves et les blocages
se poursuivent dans le pays, notamment sur plusieurs axes routiers
et dans les raffineries, avec des syndicats à la fois agacés du
silence de l’exécutif, et galvanisés par le nombre record de
manifestants mardi et le soutien d’une majorité de Français dans
les sondages.
Les Experts :
- Yves Thréard – Éditorialiste, Directeur Adjoint De La Rédaction – Le Figaro
- Jérôme Jaffré – Politologue – Chercheur Associé Au Cevipof
- Vanessa Schneider – Grand Reporter – Le Monde
- Chloé Morin – Politologue, Auteure De On A Les Politiques Qu’on Mérite
Le sujet vous questionne ?
Posez votre question par SMS au 41 555 (du lundi au samedi de 15.30 à 19.00 | 0,05 € / SMS), sur Twitter avec le hashtag #cdanslair.
Retrouvez « C dans l’air » également en streaming et replay sur la plateforme france.tv et son application mobile.