« C dans l’air » sommaire et invités de l’émission du jeudi 29 juin 2023 – Comme tous les jours ou presque, Caroline Roux présentera en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air » dont voici sans plus tarder le sommaire.

Comme chaque jour, France Télévisions a dévoilé le contenu de l’émission
Sommaire de C dans l’air du 29 juin 2023
Ado tué par un policier : l’embrasement ?
Une marche blanche a été organisée cet après-midi à Nanterre à
l’appel de la mère de Nahel, le jeune garçon de 17 ans, tué par le
tir d’un policier, au volant d’une voiture avant-hier dans la
ville. Une vidéo de la scène, dans laquelle on voit le brigadier
tirer sur l’adolescent, a suscité beaucoup de colère, d’indignation
et de débats. Lors des deux nuits qui ont suivi, et en particulier
la nuit dernière, des émeutes ont éclaté dans plusieurs villes de
France. Incendies, tirs de mortier, affrontements avec la
police… Sur les réseaux sociaux, une surenchère de scènes filmées
aux quatre coins de France. La violence est montée d’un cran en
banlieue parisienne et bien au-delà. Des bus, tramways et véhicules
ont brûlé, des commissariats et des mairies ont été ciblés, des
bâtiments ont été incendiés, des commerces pillés, et la prison de
Fresnes attaquée.
Une cellule interministérielle de crise a été convoquée ce matin
place Beauvau par Emmanuel Macron qui a dénoncé « des scènes
de violences » contre « les institutions et la
République » « injustifiables ». La Première
ministre qui a annulé un déplacement en Vendée a également insisté
sur le fait que « rien ne justifie les violences qui se sont
produites cette nuit ». « Ce sont des réactions qui
attaquent la République. Mais, ce n’est pas la République qui est
en garde à vue, ce n’est pas la République qui a tué ce jeune
homme. C’est un homme qui doit être jugé si la justice l’estime
nécessaire » a également déclaré ce matin le porte-parole du
gouvernement.
Peu après le procureur de la République de Nanterre a annoncé avoir
requis le placement en détention provisoire du policier auteur du
tir qui a causé la mort de l’adolescent. « En l’état des
investigations, le parquet considère que les conditions légales
d’usage de l’arme ne sont pas réunies », a précisé Pascal
Prache lors d’une conférence de presse. Le fonctionnaire a été
déféré devant deux magistrats à l’issue de sa garde à vue ce jeudi.
Gérald Darmanin a de son côté demandé « au préfet de police de
suspendre administrativement le policier ».
Parallèlement, les réactions politiques se multiplient. « La
Justice avance. L’assassin reste sous son contrôle. La politique
doit suivre. La loi « permis de tuer » de l’ancien
Premier ministre Bernard Cazeneuve doit être abrogée » a écrit
Jean-Luc Mélenchon. La France Insoumise a indiqué avoir déposé dans
ce sens une proposition de loi à l’Assemblée nationale afin de
faire abroger la loi de 2017 encadrant l’utilisation des armes à
feu par les policiers. Selon Mathilde Panot, « Depuis 2017,
les tirs mortels sur des véhicules en mouvement ont été multipliés
par 5. Ces meurtres doivent cesser », écrit-elle. Chez EELV,
après la secrétaire nationale Marine Tondelier, Yannick Jadot a
dénoncé lui aussi une « américanisation » de la police
« au sens où les policiers peuvent se faire justice
eux-mêmes ». Évoquant une IGPN aujourd’hui « pas
indépendante », Il a dit souhaiter « qu’elle ne relève
plus du ministère de l’Intérieur ».
De l’autre côté de l’échiquier politique, la nuit dernière émaillée
de nombreux incidents contre des infrastructures publiques,
inquiète la droite et l’extrême droite au point de réclamer l’état
d’urgence. « Mairies et commissariats attaqués, destruction du
mobilier urbain, vol de matériel aux forces de l’ordre, tramway
incendié… C’est le bilan d’une nuit d’émeutes et de saccages qui
coûteront des millions d’euros », a déploré dans un communiqué
le président du parti Les Républicains, Eric Ciotti. »Je
demande le déclenchement sans délai de l’état d’urgence partout où
des incendies ont éclaté », a-t-il ajouté. Eric Zemmour, à
l’unisson, a également réclamé « la mise en place de l’état
d’urgence dès ce soir », dans un tweet publié ce jeudi
matin.
L’état d’urgence est un régime d’exception controversé qui doit
être déclaré par décret pris en Conseil des ministres. Il résulte
d’une loi votée en 1955, au commencement de la guerre d’Algérie. Il
possède une durée initiale de douze jours, mais peut être prolongé
par une loi votée au Parlement. L’objectif étant de renforcer les
pouvoirs des autorités civiles tout en restreignant certaines
libertés publiques ou individuelles. Du fait de la nature
exceptionnelle de l’état d’urgence, il n’a été déclaré que peu de
fois depuis 1955 : trois fois pendant la guerre d’Algérie, une fois
en 1984 lors des événements en Nouvelle-Calédonie, lors des
révoltes de 2005 après la mort de Zyed et Bouna, et en 2015, après
les attentats terroristes à Paris et Saint-Denis. La dernière fois
que l’état d’urgence a été déclaré, il était sanitaire, lors de la
pandémie de Covid-19.
Pour le moment le gouvernement a décidé de ne pas déclencher l’état
d’urgence mais il mobilise 40.000 membres des forces de l’ordre
cette nuit. Elisabeth Borne a également appelé à « éviter
toute escalade » dans les violences.
Les experts du jour :
– Damien Delseny – Rédacteur en chef adjoint en charge du
service police-justice
Le Parisien
– Nathalie Saint-Cricq – Éditorialiste politique – France
Télévisions
– Vanessa Schneider – Grand reporter – Le Monde
– Fabien Jobard – Sociologue spécialisé sur les questions de police
et de justice – CNRS, auteur de « Politiques du
désordre »
– Florian Bercault (en duplex) – Maire de Laval
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