« C dans l’air » sommaire et invités de l’émission du vendredi 11 août 2023 – Ce vendredi, Maya Lauqué présentera à 17.40 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air » dont voici sans plus tarder le sommaire.

Comme chaque jour, France Télévisions a dévoilé le contenu de l’émission
Sommaire de C dans l’air du 11 août 2023
Niger : veillée d’arme
Un cap a été franchi dans la crise en cours au Niger. La
Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a
ordonné hier « l’activation immédiate » de sa force
d’intervention, en vue de « restaurer l’ordre
constitutionnel » dans le pays. Les dirigeants de la Cédéao
étaient réunis au sein d’un sommet extraordinaire à Abuja, au
Nigéria, pour discuter de la marche à suivre alors qu’à Niamey, la
junte qui a pris le pouvoir lors d’un coup de force le 26 juillet
étend chaque jour un peu plus son emprise sur l’appareil
d’Etat.
S’il n’a pas précisé de calendrier, le président ivoirien Alassane
Ouattara a promis que cette intervention aurait lieu « dans
les plus bref délais ».
L’organisation dit toujours privilégier une résolution pacifique de
la crise mais le général Tiani, nouvel homme fort du Niger, ferme
la porte. Un conflit armé pourrait donc bel et bien avoir lieu.
Côté Cédéao, le Nigeria, géant régional, est à la tête d’une
coalition qui compte notamment le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
Trois pays frontaliers du Niger, l’Algérie, le Tchad et le Bénin,
se sont prononcés contre une action armée. De leur côté, le Mali et
le Burkina Faso, eux-mêmes des régimes militaires, soutiennent les
putschistes.
Dans son initiative, la Cedeao a reçu le soutien de la France mais
aussi des États-Unis. Les deux pays ne devraient toutefois pas
s’investir militairement dans l’opération.
Dans la région, un autre acteur fait depuis de nombreuses années
parler de lui par la terreur qu’il inspire. La secte terroriste
islamiste Boko Haram n’épargne pas la région du lac Tchad.
Assassinats de masse, rapts d’hommes, de femmes et d’enfants, le
groupe a fait de très nombreux dégâts au Tchad, au Niger et surtout
au Nigéria. Ses exactions ont provoqué des exodes de populations
entières en grande souffrance.
Les affrontements sont réguliers avec l’armée nigérienne et les
milices du pays. Car même si le groupe n’est pas officiellement
implanté au Niger, le pays est régulièrement attaqué, faisant en
quelques années des centaines, voire des milliers, de victimes.
Entre janvier 2020 et août 2022, ce ne sont pas moins de 13
attaques qui ont été recensées par le ministère des Affaires
étrangères britannique. Le général Tiani a justement justifié son
putsch par « la dégradation de la situation
sécuritaire ».
La violence et l’insécurité que font régner Boko Haram et les
autres groupes djihadistes du Sahel ont donc pour conséquence des
déplacements de populations. Ces déplacés viennent aussi nourrir le
flot de migrants qui quittent la région avec l’Europe pour
espoir.
Sur le vieux continent, la crise migratoire prend de l’ampleur.
Pour y répondre, l’Union européenne a conclu avec la Tunisie un
accord le 16 juillet dernier. Objectif pour les deux parties :
lutter contre l’immigration clandestine vers l’Europe, en plein
essor depuis le pays nord-africain.
Selon l’agence des réfugiés de l’ONU, 50000 personnes sont arrivées
illégalement par bateau en Italie au cours des cinq premiers mois
de l’année 2023, contre 19 000 sur la même période en 2022. Plus de
la moitié d’entre eux sont partis de Tunisie, devenue premier pays
des départs vers l’Europe. Les filières de passeurs s’y sont
multipliées, notamment à Sfax. La présence croissante de migrants
dans la cité portuaire génère depuis des mois de vives tensions
avec les locaux. Celles-ci ont dégénéré depuis la mort d’un
tunisien lors d’une altercation avec des subsahariens, début
juillet, entraînant une véritable chasse aux migrants. Le racisme
antinoir avait déjà été exacerbé par un discours tenu en février
par le président tunisien, Kaïs Saïed. Il dénonçait alors un
« grand remplacement » de la population arabo-musulmane
du pays.
Depuis la signature de l’accord entre Tunis et Bruxelles, des
centaines de migrants subsahariens sont ainsi reconduits hors des
frontières tunisiennes et laissés en plein désert, sans eau et sans
nourriture, sous le regard silencieux de l’Europe.
Un conflit armé est-il inévitable au Niger ?
Comment endiguer et neutraliser les groupes djihadistes au Sahel
?
Quelle réponse apporter face à la crise migratoire en cours ?
Les experts du jour :
– YVES THRÉARD – Éditorialiste et directeur adjoint de la
rédaction – « Le Figaro »
– NIAGALÉ BAGAYOKO – Politologue – Présidente de l’African Security
Sector Network
– JAMES ANDRÉ – Journaliste – « France 24 »
– SEIDIK ABBA – Chercheur associé et président du CIRES
Le sujet vous questionne ?
Posez votre question par SMS au 41 555 (du lundi au samedi de 15.30 à 19.00 | 0,05 € / SMS), sur Twitter avec le hashtag #cdanslair.
Retrouvez « C dans l’air » du lundi au samedi à 17.40 sur France 5 et replay sur la plateforme france.tv et son application mobile.