« C dans l’air » sommaire et invités de l’émission du mardi 6 2023 – Comme tous les jours ou presque, Caroline Roux présentera en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air » dont voici sans plus tarder le sommaire.

Comme chaque jour, France Télévisions a dévoilé le contenu de l’émission
Sommaire de C dans l’air du 6 juin 2023
➤ L’invitée du jour est Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France.
Face au réchauffement climatique, des associations
environnementales appellent à « repenser urgemment nos usages
en eau ». Dans une tribune signée hier sur Franceinfo, 11
signataires, dont Oxfam France, interpellent les élus et le
gouvernement sur ce qui nous attend cet été avec la nécessité de
penser dès maintenant la façon dont on va devoir gérer l’accès à
l’eau sans accroître les inégalités.
Selon l’étude Explore 2070, en 2050, les débits moyens annuels des
cours d’eau en métropole devraient diminuer de 10 à 40% et les
épisodes extrêmes tels que les sécheresses et les inondations
seront probablement plus fréquents et intenses. C’est à partir de
ce constat que le gouvernement a proposé, le 30 mars 2023, 53
mesures visant à redéfinir la politique française de gestion de
l’eau. Le « plan eau » doit permettre de préparer les
Français à l’été 2023 et d’éviter au maximum les coupures d’eau
potable. D’ici 2030, l’objectif est de réaliser 10% d’économie
d’eau dans tous les secteurs.
Un des axes du plan est une tarification de l’eau qualifiée de
« progressive et responsabilisante » par Emmanuel Macron.
Depuis 2017, le gouvernement a lancé des expérimentations sur ce
mode de tarification et souhaite, en concertation avec les élus
locaux, généraliser le système à l’ensemble de la France.
Entre 2023 et 2027, des outils seront également développés pour
aider à anticiper les années sèches. D’ici l’été 2023, le
gouvernement prévoit notamment la mise en place d’un « Ecowatt
de l’eau », sur le modèle de l’Ecowatt, qui aide les ménages à
maîtriser leur consommation d’électricité. Depuis l’hiver 2022, les
Français sont ainsi informés en temps réel sur leur niveau de
consommation et des écogestes à mettre en œuvre via l’application
et le site Internet Monecowatt.fr.
Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France reviendra sur la nécessité d’un changement de notre façon de gérer l’eau, et sur le conflit social qui reprend aujourd’hui avec une 14ᵉ journée de mobilisation contre la réforme des retraites.
➤ Ukraine : 2 heures du matin, le barrage explose…
C’est l’une des catastrophes que redoutait l’Ukraine depuis le
début de la guerre. Le barrage hydroélectrique de Kakhovka dans le
sud du pays, entre la ville de Kherson et la centrale nucléaire de
Zaprojia, a été partiellement détruit ont affirmé ce mardi 6 juin
la présidence ukrainienne et les autorités d’occupation installées
par la Russie dans cette région.
Kiev a dénoncé un « crime de guerre » de l’armée russe et
a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité à l’ONU.
L’OTAN a condamné la « brutalité » de la guerre menée par
la Russie. Cette attaque contre le barrage ukrainien donne une
« nouvelle dimension » à la guerre menée par la Russie a
estimé, de son côté, le chancelier allemand Olaf Scholz.
Situés sur la rive est du Dniepr, le plus grand fleuve d’Ukraine,
la centrale de Kakhovka et son barrage sont restés sous contrôle
russe, y compris après la reprise de la rive ouest par l’armée
ukrainienne en novembre dernier. En octobre, lors d’une réunion du
Conseil de l’Europe, Volodymyr Zelensky rapportait avoir des
informations selon lesquelles les occupants russes avaient miné
l’édifice. Ce mardi son conseiller Mykhaïlo Podoliak a affirmé que
la Russie a « fait sauter » l’ouvrage pour « créer
des obstacles pour les actions offensives des forces armées »
ukrainiennes, alors qu’une contre-offensive a commencé.
Après la rupture de digue de cet ouvrage qui retenait un bassin
long de 200 kilomètres et large de 20, des centaines de milliers
d’habitants ont reçu l’ordre d’évacuer. Mais au moins 24 localités
sont d’ores et déjà inondées, et des dizaines d’autres sous la
menace, en raison d’une lente, mais inexorable, montée des eaux
dans le delta du fleuve Dniepr. « Des mesures d’évacuation
sont en cours » par train vers Mykolaiv a expliqué le Premier
ministre ukrainien. Mais elles s’effectuent sous les bombardements
continus de l’artillerie russe qui ont blessé deux policiers, a
affirmé le ministre de l’Intérieur ukrainien. Le conseiller de la
présidence ukrainienne a également alerté sur le danger qui
« augmente désormais rapidement » pour la centrale de
Zaporijjia.
Située à 150 km au nord-est de Kakhovka, la centrale nucléaire
utilise l’eau retenue par le barrage pour refroidir son
combustible. Sa destruction fait donc craindre une baisse du niveau
en amont, qui ferait peser une nouvelle menace sur la sécurité du
site. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui
dispose d’experts sur place, a affirmé mardi matin qu’il n’existait
« pas de danger nucléaire immédiat ». Pour l’AIEA, le
bassin de refroidissement « sera suffisant pour alimenter la
centrale en eau pendant des mois », sans écarter un risque à
plus long terme.
Côté russe, le Kremlin a dénoncé un acte de « sabotage
délibéré » de Kiev afin de couper une source d’eau essentielle
pour la Crimée et de détourner l’attention d’une contre-offensive
« chancelante » contre les forces russes. La veille la
Russie avait affirmé avoir repoussé une « offensive de grande
envergure » dimanche « dans la direction du sud de la
région de Donestk » dans le Donbass. Ce que les autorités
ukrainiennes ont démenti. « Les propagandistes russes vont
répandre de fausses informations sur la contre-offensive, les
mouvements et les pertes » de l’Ukraine, a écrit le centre des
communications stratégiques de l’armée, sur Telegram, accusant la
Russie de préparer de fausses vidéos et images censées montrer des
pertes ukrainiennes.
Depuis quarante-huit heures, les évènements s’accélèrent en Ukraine
et la bataille de communication que se livrent Kiev et Moscou
s’intensifie. Ainsi plusieurs radios russes, victimes d’un
piratage, ont diffusé lundi un faux discours du président Vladimir
Poutine faisant état d’une « invasion » ukrainienne et
annonçant la mise en place d’une loi martiale dans les régions
frontalières de l’Ukraine. Une fausse prise de parole de Vladimir
Poutine qui a également été diffusée à la télévision russe, créé
sans doute en utilisant la technique dite du deepfake. Celle-ci
permet de truquer une vidéo grâce à l’intelligence artificielle
(deep learning), en remplaçant par exemple le visage et la voix
d’une personne sur une vidéo, par ceux d’une autre personne. Ce
n’est pas la première fois que cette technique est utilisée depuis
le début du conflit. En mars 2022, la chaîne nationale Ukraine 24,
victime d’un piratage, avait diffusé une vidéo truquée de Volodymyr
Zelensky, dans laquelle le président ukrainien appelait son pays à
« rendre les armes ».
La bataille de l’information, donnée clef en temps de guerre, se
mène désormais avec l’intelligence artificielle alors que sur le
terrain les drones se sont imposés comme une arme stratégique.
Alors quelle est la situation autour du barrage de Kakhovka ?
Est-ce un tournant dans le conflit ? Enfin comment l’intelligence
artificielle va changer la guerre ?
Les experts du jour
- NICOLE BACHARAN – Politologue et historienne
- PAUL GOGO – Journaliste – Correspondant à Moscou
- BRUNO CHAREYRON (en duplex) – Ingénieur en physique nucléaire, laboratoire de la CRIIRAD
- ALAIN BAUER – Professeur de criminologie – CNAM, responsable du pôle sécurité, défense, renseignement
- AMIRAL MICHEL OLHAGARAY – Ancien commandant de l’école navale
Le sujet vous questionne ?
Posez votre question par SMS au 41 555 (du lundi au samedi de 15.30 à 19.00 | 0,05 € / SMS), sur Twitter avec le hashtag #cdanslair.
Retrouvez « C dans l’air » du lundi au samedi à 17.45 sur France 5 et replay sur la plateforme france.tv et son application mobile.