« C dans l’air » sommaire et invités de l’émission du mercredi 10 mai 2023 – Caroline Roux présentera ce mercredi en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air » dont voici sans plus tarder le sommaire.

Comme chaque jour, France Télévisions a dévoilé le contenu de l’émission
Sommaire de C dans l’air du 10 mai 2023
17.30 – C dans l’air, l’invité du 10 mai avec Pascal Saint-Amans, professeur de politique fiscale à l’université de Lausanne, auteur de “Paradis fiscaux : comment on a changé le cours de l’histoire”.
Hier, Gabriel Attal, le ministre délégué aux comptes publics a
rendu public son plan de lutte contre la fraude annoncé depuis
plusieurs mois. Il se limite aux annonces relatives à la fraude
fiscale. Les mesures anti-fraude sociale sont renvoyées à la fin du
mois.
Dans le cadre de son plan, l’objectif du gouvernement est
d’augmenter le nombre de contrôles fiscaux des particuliers de 25 %
d’ici à la fin du quinquennat en insistant sur les plus gros
patrimoines. « Je veux concentrer l’effort sur les
ultra-riches, les multinationales, mais alléger aussi la pression
sur les classes moyennes, les petits patrons, les patrons de PME
pour leur redonner un peu d’oxygène » a affirmé hier sur
France Inter Gabriel Attal.
Le ministre a aussi annoncé la mise en place d’un Conseil national
d’évaluation qu’il présidera, composé de personnalités qualifiées,
experts indépendants et de parlementaires. À partir de 2025, la
fraude fiscale évitée sera évaluée par la DGFiP et un objectif
annuel proposé au Parlement.
Aussi, Bercy va mettre en place un nouveau service de renseignement
fiscal dédié à la lutte contre les grandes fraudes internationales.
Il sera doté d’une centaine d’agents d’élite, et sera intégré à la
Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières
(DNRED), déjà chargée de mettre en œuvre la politique du
renseignement, du contrôle et de la lutte contre la fraude en
matière douanière.
Dans le cadre du plan anti-fraude, Gabriel Attal a également
annoncé des moyens humains supplémentaires. 1 500 équivalents temps
plein seront mobilisés d’ici à la fin du quinquennat pour lutter
contre la fraude fiscale.
Pour mieux lutter contre la fraude à la TVA, le gouvernement a décidé d’accélérer la mise en place de la facturation électronique entre les entreprises. Selon l’Insee, la fraude à la TVA représente à elle seule entre 20 et 25 milliards d’euros par an. De son côté, des mesures de lutte contre les fraudes sociales seront présentées d’ici la fin du mois.
Pascal Saint-Amans, professeur de politique fiscale à l’université de Lausanne, publie « Paradis fiscaux : comment on a changé le cours de l’histoire« , aux éditions du Seuil. Fort de son expérience pendant 15 ans en tant que directeur fiscal de l’OCDE, il a conduit les négociations pour une réforme de la fiscalité internationale. Il reviendra sur le plan de lutte contre la fraude annoncé par le ministre délégué aux Comptes publics.
17.45 – C dans l’air du 10 mai – Essence, alimentation… Pourquoi les prix ne baissent pas ?
Alors que depuis plusieurs semaines les cours du pétrole
baissent et n’ont jamais été aussi bas depuis le début de la guerre
en Ukraine, à la pompe, c’est une tout autre histoire. D’après les
données du ministère de la Transition écologique, il fallait encore
débourser la semaine dernière en moyenne 1,67 euro pour un litre de
gazole dans une station-service française, et 1,84 euro pour un
litre de SP95. Une situation d’autant plus étonnante qu’un coup
d’œil de l’autre côté des frontières montre que la facture à la
pompe de nos voisins n’est pas aussi salée et si l’on regarde dans
le rétroviseur on s’aperçoit qu’en octobre 2021, le baril de Brent
était vendu en moyenne 83,54 dollars, un niveau proche de celui
observé le mois dernier, mais les prix à la pompe oscillaient, eux,
autour de 1,55-1,65 euro le litre.
Comment expliquer que l’essence reste plus chère en France
qu’ailleurs ? La situation commence à inquiéter le gouvernement
alors que l’inflation grève durement le budget des ménages et que
la question du pouvoir d’achat s’est imposée comme le sujet
prioritaire des Français. « Le prix à la pompe doit
refléter au plus proche celui sur les marchés internationaux du
pétrole, qui sont aujourd’hui à la baisse« , a ainsi
martelé ce mardi la ministre de la Transition énergétique. Sur son
compte Twitter, Agnès Pannier-Runacher a indiqué avoir
« demandé aux distributeurs de répercuter au plus vite la
baisse sur les prix à la pompe« , jugeant
« inacceptable que les entreprises augmentent leurs marges
sur le dos des Français« . À titre d’exemple, en Espagne,
le gasoil est autour de 1,40 euro le litre et l’essence à 1,50
euro. Une étude de l’association de consommateurs CLCV
(Consommation Logement Cadre de vie) accuse ce mercredi de nombreux
distributeurs, parmi lesquels Intermarché, Leclerc, Système U,
d’afficher des prix des carburants beaucoup trop élevés depuis
janvier.
Autre sujet de préoccupation : les prix de l’alimentation. De
prochaines négociations commerciales vont avoir lieu entre
distributeurs et industriels pour fixer les prix des produits
alimentaires, mais elles s’annoncent d’ores et déjà houleuses. Une
majorité de grands industriels fait en effet la sourde oreille et
n’envisage pas de baisser ses tarifs, alors que les cours de
certaines matières premières, comme les céréales, ont baissé depuis
plusieurs semaines. « Les grands industriels ont les
marges de manœuvre et la trésorerie aujourd’hui pour faire baisser
les prix« , a affirmé ce mercredi matin la ministre du
Commerce, Olivia Grégoire. Si rien ne se passe dans les prochaines
semaines, « on citera publiquement les marques qui ne
veulent pas négocier à la baisse et je ne suis pas sûre que ça
[leur] fasse de la publicité« , a averti la ministre, qui
appelle plutôt les acteurs « à bouger
ensemble« .
De son côté, Michel-Edouard Leclerc a estimé que les prix vont
baisser, mais se montre prudent. « Je pense qu’on ne
reviendra jamais aux prix d’avant » a-t-il expliqué alors
qu’il était interrogé sur l’inflation.
Parallèlement, l’exécutif entend tourner la page de la réforme des
retraites en ouvrant de nouveaux chantiers. Le ministre des Comptes
publics vient de présenter son « plan de bataille » pour
renforcer la lutte contre la fraude fiscale. « En 2022,
notre lutte contre la fraude a produit des résultats
historiques« , s’est félicité Gabriel Attal.
« Sur la fraude fiscale, nous avons battu un record avec
14,6 milliards d’euros de mise en recouvrement dont presque 9
milliards pour les entreprises« , a-t-il ajouté. C’est
1,2 milliard d’euros de mieux qu’en 2021. Désormais le gouvernement
entend concentrant les efforts sur les plus riches tout en
allégeant la pression sur les classes moyennes. Il faut faire
« payer ce qu’ils doivent aux ultrariches et aux
multinationales » a expliqué le ministre. Pour cela,
d’ici à la fin du quinquennat, 1500 effectifs en plus seront
dévolus à la lutte contre la fraude fiscale, soit une augmentation
de 15 %, selon Bercy. Ces nouveaux bras serviront pour l’essentiel
à augmenter les contrôles fiscaux sur les foyers les plus fortunés
et sur les grandes entreprises. Le ministre du Budget a annoncé 25
% de contrôles en plus, concentrés en particulier sur
« les plus gros patrimoines« , et un contrôle
fiscal tous les deux ans pour les cent plus grandes
entreprises.
Parmi elles se trouve notamment l’armateur français CMA-CGM, numéro
3 mondial du secteur. Le groupe marseillais a réalisé en trois ans
40 milliards d’euros de profits quasiment pas taxés grâce à une
niche fiscale sur le fret maritime. L’armateur en a profité pour
multiplier les acquisitions. Dernière en date : la branche
logistique du groupe Bolloré, pour cinq milliards d’euros.
Alors pourquoi la baisse des cours tarde-t-elle à se faire sentir
vraiment sur les prix à la pompe dans les stations-service
françaises ? Jusqu’où ira la hausse des prix dans l’alimentation ?
Quel est le plan du gouvernement contre la fraude fiscale ?
Qu’entend Emmanuel Macron par la « contribution
exceptionnelle » pour les entreprises qui réaliseraient
d’importants profits ?
Les experts :
– NICOLAS BOUZOU – Économiste – Editorialiste à l’Express,
auteur de « La France de l’à-peu-près«
– GAËLLE MACKE – Directrice déléguée de la rédaction
– Challenges
– AURORE GORIUS – Journaliste – Les Jours.fr
– EMMANUEL DUTEIL – Directeur de la rédaction – L’Usine
Nouvelle
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