À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, qui a lieu le 08 mars, France 3 les met à l’honneur avec notamment ce lundi 07 mars dès 21.10 une grande soirée avec le documentaire « Le siècle des couturières » de Philippe Picard et de Jérôme Lambert. Il sera suivi à 22.40 d’un autre documentaire intitulé « Renaissances » . Ce sera l’occasion de revivre un siècle de lutte ouvrière au féminin et de saluer le courage de celles qui continuent de se battre aujourd’hui pour leur indépendance.

Le Siècle des couturières
Bobineuses, rentrayeuses, tisserandes…, elles s’appellent Christine, Marie-Colette, Marie-Paule, Isabelle ou Lucienne. Ces anciennes couturières, pour la plupart filles et petites-filles des pionnières de la révolution industrielle, sont le fil conducteur de ce film très prenant, et constituent la mémoire vivante d’une existence difficile et faite de sacrifice. Le fracas des machines, la vapeur qui colle à la peau, le rythme saccadé des métiers à tisser, les tâches répétitives à l’infini, étaient leur quotidien. Leurs aïeules n’avaient guère plus de droits que les enfants aux côtés desquels elles travaillaient. Pendant des décennies, largement exploitées par des patrons, au mieux paternalistes, les quelque deux millions de salariées du textile sont restées invisibles, comme si le monde ouvrier n’était composé que d’hommes.
Pourtant, tout au long du XXe siècle, ces femmes se sont battues pour leurs droits et leur reconnaissance. Elles ont contribué à faire progresser la cause féminine, ont remporté bien des batailles. En s’appuyant sur des archives (largement colorisées) et des témoignages contemporains, le film redonne toute leur place à ces héroïnes oubliées. Ouvrières des filatures de Roubaix, adolescentes exploitées par les soyeux lyonnais dans les couvents-usines, midinettes des ateliers parisiens, petites mains de la Belle Époque, pour la première fois, ce documentaire raconte leur histoire.
Renaissances
Anna se lance, à 28 ans, dans le projet de sa vie : relocaliser une usine textile. À Lens, sur cette terre marquée par une histoire industrielle puissante, là même où, il y a vingt ans, la multinationale américaine Levi’s sacrifiait 540 emplois, Anna porte un projet unique. En s’appuyant sur d’anciennes couturières et en formant la relève, dans une démarche d’insertion sociale et écologique, la jeune femme a convaincu la marque de jeans français 1083 et son jeune patron Thomas Huriez de lui faire confiance pour démarrer son atelier. De son côté, Thomas est en route pour sauver, dans les Vosges, une grande usine de filature et de tissage, et y relocaliser un atelier de confection. Durant une année, le film suit Anna et de Thomas dans leur belle aventure. Ils sont aujourd’hui deux visages parmi ces jeunes entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire, déterminés à prouver que l’on peut produire et consommer en France.
Les couturières qu’ils recrutent et forment sont bien les héritières de la grande histoire. Pour elles, rien n’est gagné, mais leur enthousiasme et leur courage sont immenses, à la mesure du défi collectif pour redessiner l’avenir.
Après deux ans de pandémie, dans une France orpheline de son tissu industriel, de plus en plus de citoyens croient au made in France. Les artisans de la relocalisation textile ont une belle carte à jouer.
Le Siècle des couturières et Renaissances sont diffusés ce lundi 7 mars à partir de 21.10 sur France 2. À voir et à revoir en streaming et replay sur france.tv.