Dimanche 19 décembre à 20h55, France 5 diffusera un numéro inédit de « Sur le Front » consacré au recyclage de nos vêtements. Le journaliste Hugo Clément a remonté la filière des vêtements de seconde main et dévoile la réalité d’un business mondial qui contribue à la pollution massive des rivières et des océans.

Les grands magasins nous proposent désormais de rapporter nos vêtements usagés en échange de coupons de réductions. Que se cache-t-il derrière cette pratique ? Sur le Front a remonté la filière des vêtements de seconde main. Quant aux habits déposés dans les bennes de collecte, il sont rarement proposés à des familles en difficulté, ils alimentent en réalité un business mondialisé.
Éditorial d’Hugo Clément – Journaliste
J’ai été surpris récemment de recevoir autant d’e-mails de
marques de mode me proposant de reprendre mes vieux vêtements.
C’est vrai que nous achetons 10 kilos de vêtements par an – c’est
la moyenne pour les Français – et que nous avons tous des habits
qui dorment au fond de nos placards.
Nous avons demandé aux marques ce que devenaient ces vêtements
collectés. Impossible d’avoir une réponse claire : ils ne nous ont
pas ouvert leurs centres de tri.
Nous avons alors décidé de cacher des balises GPS dans des
vêtements et j’ai découvert la face cachée de la filière de seconde
main. Alors qu’on pense faire une bonne action en donnant nos vieux
habits, une grande partie de ces articles sont en fait revendus à
l’étranger. La majeur partie d’entre eux n’aident pas des familles
françaises en difficulté, mais sont exportés dans les pays pauvres
où ils sont commercialisés. Et comme nous envoyons trop d’articles
de très mauvaise qualité, beaucoup finissent leur long voyage dans
des décharges à ciel ouvert et… dans les océans.
Nous savons tous que la mode est une industrie extrêmement
polluante ; elle rejette deux fois plus de CO2 que tout le
transport mondial aérien. Mais j’étais loin de me douter que même
dans leur deuxième vie, nos habits continuent d’endommager les
écosystèmes en polluant les cours d’eau et les plages
africaines.
En même temps, j’ai pris conscience que le monde de la mode est en
train de changer. Bien loin du greenwashing des marques de
fast-fashion, de nouveaux créateurs militent pour des vêtements
vraiment plus propres. Ils veulent produire moins et mieux. Dans le
Tarn, un entrepreneur français a même inventé une machine
révolutionnaire. Elle peut transformer n’importe quel vieil habit
en fil pour fabriquer de nouvelles pièces.
Surtout, j’ai découvert que nous produisons de la matière première
dans notre pays. Nous sommes en effet les premiers producteurs
mondiaux de lin. Grâce à lui et à d’autres matières locales et
végétales, nous pouvons nous habiller en réduisant notre impact sur
l’environnement. Nous avons suivi un entrepreneur incroyable qui se
bat pour relocaliser toute cette filière.
Les séquences exceptionnelles
Des vêtements donnés à la Croix-Rouge sont revendus à
des entreprises
Vous déposez vos vêtements dans une benne estampillée Croix-Rouge
en étant convaincus qu’ils seront donnés à une famille dans le
besoin près de chez vous. Ce n’est malheureusement que très
rarement le cas. La majeure partie de ces dépôts est revendue sur
des marchés… en Afrique. Mais ceux de trop mauvaise qualité sont
jetés dans la nature et finissent par polluer les plages et les
océans.
H&M récupère nos vieux vêtements contre des bons
d’achat et les envoie… à l’étranger
Grâce à une balise GPS déposée dans un pantalon, nous découvrons
que les habits déposés à H&M en échange de bons de réduction
finissent en réalité dans le plus grand centre de tri de vêtements
d’Europe, près de Berlin. Bien loin de la promesse de démarche
éthique du géant du prêt-à-porter pas cher.
Immersion dans l’un des plus grands centres de tri de
vêtements usagés
Tournage exceptionnel dans ce monde industriel. Nos vieux vêtements
sont triés avant d’être exportés. Ce centre gigantesque en Belgique
réceptionne 320 tonnes chaque semaine en provenance de la
France et de toute l’Europe.
L’invention française révolutionnaire qui permet de
recycler les fibres de nos vieux habits
Au fin fond du Tarn, un Français a mis au point une machine unique
au monde qui permet de récupérer les fibres de n’importe quel
vêtement pour en refaire du fil. Il fournit déjà plusieurs marques
en France et aux États-Unis. Grâce à ce procédé, nos vêtements
connaissent réellement une seconde vie.
EXCLUSIF : au Bangladesh, des stations d’épuration flambant
neuves jamais utilisées
Les cours d’eau du Bangladesh sont pollués par les teintures
utilisées pour la fabrication des vêtements portés dans les pays
développés. Pourtant ce désastre pourrait être évité car des
stations d’épuration ont été installées près des usines de textile.
Mais elles ne sont pas en service car les entreprises ne veulent
pas voir augmenter leur coût de production. Pour rester les plus
compétitifs, ils continuent de polluer.
La France : premier producteur de lin au
monde
Le lin produit en Normandie est envoyé en Asie pour être tissé et
revient en France sous forme de bobines de fils. Pour mettre fin à
cette absurdité, un homme a décidé de relocaliser cette industrie.
Il a proposé à des salariés du textile à la retraite de faire
redémarrer des machines tombées en désuétude.
La bande-annonce
« Sur le front – Où finissent nos vêtements ? » ce dimanche 19 décembre à 20.55 sur France 5. À voir et revoir sur france.tv.