« Sur le front » : Qui se fait du blé avec nos aliments ? – Pourquoi nos cornichons viennent-ils d’Inde et notre houblon des États-Unis ? Pourquoi devons-nous importer la majorité de nos fruits et légumes tandis que nous exportons des produits agricoles dans le monde entier ? Est-il encore possible de produire en France ce que nous consommons chaque jour ? Et comment relocaliser notre agriculture ? Hugo Clément mène l’enquête ce lundi 24 avril à 21 heures sur France 5 dans ce nouveau numéro de « Sur le front » intitulé « « Produits en France, envoyés à l’étranger : qui se fait du blé avec nos aliments ? ».

Édito de Hugo Clément
« Je suis toujours frappé en faisant mes courses par le fait qu’il n’est pas facile d’acheter des produits frais français. En regardant de plus près, j’ai découvert qu’on importe effectivement 70 % de nos fruits et près de 30 % de nos légumes ! Les productions maraîchères ont chuté en France, si bien que notre souveraineté alimentaire est menacée. Cela m’a rappelé la pénurie de moutarde de l’année dernière. Si on a pu se retrouver à court de graines à cause d’aléas climatiques à l’autre bout de la planète, cela peut aussi arriver pour d’autres produits qu’on importe. Pourquoi ne produit-on plus chez nous ce que l’on consomme tous les jours ? Que produit-on alors, et surtout pour qui ? Au cours de notre enquête, nous avons découvert que l’agriculture française, sur le même modèle que celui de l’industrie, s’est spécialisée à outrance dans ce qu’il y a de plus rentable. La filière céréalière, par exemple, a gagné des milliards d’euros l’année dernière. On entend toujours qu’il y a de moins en moins d’éleveurs et de vaches laitières en France, mais on produit toujours autant de lait, qu’on exporte en partie à l’étranger ! Et on envoie aussi un million et demi de bovins vivants dans le monde chaque année.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir fait ces choix stratégiques : chaque pays s’est spécialisé dans une agriculture particulière. Mais, maintenant que l’on prend en considération la pollution liée au transport et l’utilisation massive des pesticides, cela pose un réel problème. C’est très préoccupant dans un monde où les tensions internationales s’intensifient et d’autant plus difficile à comprendre qu’il y a une vraie prise de conscience chez de très nombreux paysans. Ils veulent sortir du modèle productiviste et cultiver ce que l’on consomme localement. J’ai été inspiré par leur volonté et leur énergie pour changer la donne. Ceux que nous avons rencontrés ont par exemple décidé de replanter des graines de moutarde, de la luzerne ou du houblon à la place du blé. Ils font le choix courageux et salutaire de relocaliser notre agriculture. »
Les séquences exceptionnelles de ce numéro
- Des chevaux vivants sont envoyés par avion au Japon pour finir… en sushis !
- Le houblon de nos bières artisanales est importé… des États-Unis !
- 780 bovins abattus après un aller-retour à Alger : enquête sur une filière d’exportation
- La France exporte de la poudre de lait en Afrique et plombe l’économie locale
- Des cultures bio contaminées par les pesticides des céréaliers
- La grande bataille pour le retour de la souveraineté alimentaire
Les intervenants de « Sur le front »
Judith Dei Rossi
À 24 ans à peine, Judith ne recule devant rien pour dénoncer les conditions de transport catastrophiques des animaux d’élevage exportés. Cette jeune femme à l’engagement communicatif nous embarque jusqu’à Sète pour enquêter sur une mystérieuse cargaison de taurillons. Ce qu’elle découvre est à peine croyable.
Jean-Bernard Lozier
Alors qu’il est lui-même cultivateur de blé, ce paysan de l’Eure ose se battre contre l’agriculture intensive et parler des pratiques peu reluisantes de sa filière. Jean-Bernard n’hésite pas à dénoncer le fait que son blé soit exporté… sans qu’il sache où il finira sa route ! Le céréalier nous convainc qu’il est possible de sortir de l’agriculture productiviste.
Léo Le Ster
Ce militant pugnace tient à dénoncer une situation ubuesque : en France, on importe des volailles d’un côté alors qu’on en exporte de l’autre ! Cet expert passionnant nous révèle que beaucoup de nos poulets sont même élevés spécialement pour être consommés en Arabie saoudite, où la clientèle recherche de plus petits animaux à manger. Il réclame un changement des conditions d’élevage.
Étienne Brault
Étienne travaillait dans le BTP avant de tout plaquer pour reprendre la ferme familiale. A la place des champs de blé, ce bon vivant amateur de bière a décidé de planter… du houblon ! Une culture délaissée en France et pourtant parfaitement adaptée à notre climat. En plus, les brasseries locales en ont cruellement besoin.
Bande-annonce
Voici la bande-annonce de ce numéro inédit
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