« C dans l’air » du 13 mars 2023, sommaire et invités de Caroline Roux de ce lundi soir – Ce lundi et comme presque chaque soir de la semaine, Caroline Roux présentera en direct à 17.30 sur France 5 un nouveau numéro de « C dans l’air ».

Comme chaque jour, France Télévisions a levé le voile sur le sommaire de l’émission.
C dans l’air du 13 mars 2023 : Sommaire
17.30 L’invité de « C dans l’air »
Dans son rapport annuel publié ce vendredi 10 mars, la Cour des comptes, présidée par Pierre Moscovici, invite à faire de la réduction des déficits “une priorité nationale” et à clarifier les compétences au niveau local. Avec un taux de croissance estimé à 2,6 %, l’année 2022 a été marquée par un net ralentissement de l’activité économique, en lien avec le choc sur les prix de l’énergie et les conséquences de la guerre en Ukraine. Les perspectives pour 2023 sont plus dégradées avec une prévision de croissance de 1 % retenue pour construire le projet de loi de finances.
Alors que l’année 2023 aurait dû être marquée par la fin du «quoi qu’il en coûte» lié à la crise sanitaire, avec notamment une baisse de 46,5 Md€ des dépenses de soutien et de relance, le Gouvernement a pris de nouvelles mesures de soutien qui conduiraient à un déficit public attendu à 5,0 points de produit intérieur brut (PIB) en 2022 comme en 2023. La dette publique atteindrait 111,2 points de PIB en 2023, soit près de 14 points au-dessus de son niveau d’avant crise. Pour Pierre Moscovici, “nous continuons à mettre en œuvre des mesures insuffisamment ciblées sur ceux qui en ont le plus besoin, et donc trop coûteuses”. À 58 % du PIB, la France a les dépenses publiques les plus élevées de la zone euro.
Le rapport soulève la question de l’action sociale destinée aux publics fragiles. Cette compétence relève du département, mais pour Pierre Moscovici, “il y a une inadéquation entre les moyens et leur fonction de chef de file sur la question”.
La Cour des comptes fait un état des lieux de la décentralisation. L’élargissement des compétences des collectivités territoriales s’est également traduit par une augmentation importante du poids des des dépenses locales dans le produit intérieur brut (passé de 8 % en 1980 à plus de 11 % aujourd’hui).”Nous plaidons pour une répartition plus équilibrée des compétences entre l’État et les administrations locales pour favoriser la qualité de l’action publique. Tout brouillage supplémentaire irait dans la mauvaise direction”, explique Pierre Moscovici au Figaro le 9 mars.
Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, reviendra sur le rapport annuel de la Cour, présenté demain à l’Assemblée nationale.
17:45 « C dans l’air »
Faillites bancaires américaines… Panique mondiale ?
Le système bancaire américain est entré dans une zone de turbulence. En quatre jours seulement, trois défaillances bancaires sont survenues aux États-Unis. Mercredi dernier, Silvergate Bank était mise en liquidation. Mais le véritable choc est survenu deux jours plus tard, lorsque Silicon Valley Bank (SVB) a été fermée par les autorités américaines. La SVB était la seizième institution américaine, avec 210 milliards de dollars d’actifs. Il s’agit de la plus grosse faillite bancaire depuis la grande crise financière de 2008 et de la deuxième plus importante de l’histoire des États-Unis. Hier, Signature Bank, la 21e banque américaine, avec des actifs estimés à 110 milliards de dollars fin 2022 et 88 milliards de dollars de dépôts, a, elle aussi, été placée en liquidation.
Le gouvernement américain prend ces faillites très au sérieux. L’enjeu est d’éviter qu’elles ne provoquent une contagion au reste du système bancaire, a indiqué hier la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen. Le souvenir douloureux de la faillite en 2008 de Lehman Brothers, qui avait précipité les banques du monde entier dans sa chute, est dans tous les esprits. La crainte est bien de voir ces institutions financières tomber les unes après les autres. Les autorités américaines ont donc pris plusieurs mesures durant le week-end. Elles ont notamment annoncé vouloir garantir le retrait de l’intégralité des dépôts de la SVB.
Joe Biden s’est aujourd’hui félicité que les autorités
américaines aient réagi « rapidement ». Dans une
allocution, le Président des États-Unis a tenu à rassurer alors que
la panique bancaire guette et que certains experts anticipent une
crise financière : « Les Américains peuvent se rassurer, le
système bancaire est solide », a-t-il répété plusieurs fois
lors de sa prise de parole. Pourtant, les marchés boursiers
semblent eux témoigner d’une certaine fébrilité.
En France, Bruno Le Maire se veut lui aussi rassurant. La faillite
des banques SVB et Signature ne met pas en danger les banques
françaises, a assuré ce matin sur Franceinfo le ministre de
l’économie. « Je ne vois pas de risque de contagion, donc il n’y a
pas d’alerte spécifique », a-t-il déclaré. « Nous avons des banques
qui sont solides », « un système bancaire qui est solide » et « un
ratio de liquidités qui est élevé », a affirmé Bruno Le Maire. Mais
l’inquiétude a bel et bien gagné les marchés. Après un premier
décrochage des banques vendredi dernier, les bourses européennes
baissent fortement ce lundi, plombées par le secteur bancaire. Il
s’agit de la pire séance de l’année.
Le secteur de l’immobilier était, lui, déjà victime des
évolutions financières, avant l’inquiétude de ces derniers jours.
Le taux moyen auquel on peut emprunter pour acheter son logement
est en effet au plus haut depuis près de sept ans. Cette hausse
s’explique par la remontée des taux d’intérêts auxquels les
établissements bancaires empruntent eux-mêmes auprès des banques
centrales, dont la Banque Centrale Européenne. Ces dernières les
augmentent pour dissuader la consommation, et ainsi tenter de
limiter l’inflation. Et il ne faut pas compter sur la récente
baisse des prix des biens immobiliers, trop légère, pour réussir à
compenser cette flambée des taux d’intérêts. En conséquence,
nombreux seront les acheteurs à voir leur capacité d’emprunt
chuter. Le volume des transactions risque donc de baisser dans les
mois à venir.
Le secteur du neuf rencontre également des problèmes. La hausse
vertigineuse du prix des matières premières freine les mises en
chantier et fait exploser les prix. Tout semble donc concourir à la
raréfaction du nombre de clients, de la demande donc.
Un autre secteur est actuellement dans le dur, celui de l’habillement de milieu de gamme. Avec le placement en redressement judiciaire de Gap France annoncé le 1er mars et l’arrêt définitif de San Marina le 18 février, l’hécatombe se poursuit chez ces enseignes de mode. Fermeture, liquidation, plan social… Un grand nombre de marques françaises est en train de sombrer. Dans le sillage de la liquidation de Camaïeu fin 2022, les décisions judiciaires s’accumulent dans le paysage textile hexagonal. Pour Kookaï, Cop.Copine ou encore Pimkie la mauvaise passe à des airs de clap de fin. Le triomphe de l’e-commerce, la concurrence de l’ultrafast fashion, l’avènement de la seconde main, la saturation de l’offre et des erreurs de gestion semblent avoir raison du secteur, confronté à un « mur des faillites », tant redouté.
Les banques françaises sont-elles menacées par une nouvelle
crise financière de grande ampleur ?
Va-t-il devenir très compliqué d’acheter un logement ces prochaines
années ?
La France va-t-elle se heurter à un « mur des faillites »
?
Les experts :
– Philippe Dessertine – directeur de l’institut de haute finance
– auteur de « le grand basculement »
– marc Fiorentino – dirigeant d’euroland corporate – co-fondateur
de « meilleurplacement.com »
– Sylvie Martelly – économiste – directrice adjointe de l’iris –
institut de relations internationales et stratégiques
– Céline antonin – économiste – ofce – professeure à sciences
po
Retrouvez « C dans l’air » également en streaming et replay sur la plateforme france.tv et son application mobile.