À l’occasion du 60e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, France 2 vous propose deux soirées exceptionnelles autour de la série documentaire écrite par Georges-Marc Benamou et Benjamin Stora. Une fresque historique en cinq épisodes, racontée par Benoît Magimel, suivie d’un débat présenté par Julian Bugier le lundi 14 et mardi 15 mars 2022 à partir de 21.10.

« C’était la guerre d’Algérie » : les résumés des 5 épisodes
Lundi 14 mars à 21.10
Épisode 1 : L’Algérie française (1830-1945)
Pour comprendre la guerre d’Algérie, il faut remonter l’histoire,
avant le 1er novembre 1954, son déclenchement
officiel, et le 19 mars 1962, son terme tout aussi officiel.
Il faut remonter à la conquête de 1830, à la « première guerre
d’Algérie » avec l’émir Abdelkader et découvrir
« l’Algérie française »… Durant cent trente ans, la
France va tenter de faire de l’Algérie une « région
française » en assimilant des territoires, en développant le
pays ou en accueillant une population d’exilés venus de certaines
régions françaises mais aussi de pays européens comme l’Italie ou
l’Espagne (qui deviendront les pieds-noirs), sans jamais assimiler
les populations « indigènes ». Nombreux seront les
rendez-vous manqués et les promesses non tenues de la République,
jusqu’à l’explosion du 8 mai 1945, l’émeute nationaliste de
Sétif et sa terrible répression – qui annoncent la guerre, dix
ans plus tard.
Épisode 2 : L’insurrection (1954-1955)
Dans cet après-guerre, malgré Sétif et sa terrible répression, rien
n’a vraiment changé en Algérie. Même si certains musulmans,
comme Ferhat Abbas, croient toujours en la
France et à ses promesses d’égalité et de liberté. En 1947, un
statut de l’Algérie plutôt « libéral » est voté par
l’Assemblée algérienne. Il soulève bien des espoirs. Mais pour le
parti des « grands colons », il y a le feu ! Il faut
bloquer ce dangereux statut. Alors, les autorités françaises vont
organiser une élection truquée : le bourrage des urnes est
massif et systématique dans toute l’Algérie. Six ans avant le début
de cette guerre, le modéré Ferhat
Abbas sonne l’alarme : il se sent trahi. Au même
moment, les jeunes du Parti du peuple algérien
de Messali Hadj, le rival
de Ferhat Abbas, créent une branche
clandestine armée, l’Organisation spéciale, décidés à agir plus
efficacement que les « anciens ». De 1947 à 1954,
l’Organisation spéciale va tisser sa toile. Dans ses rangs, on
trouve Ahmed Ben Bella, revenu de la guerre
décoré par de Gaulle, et un jeune intellectuel kabyle de bonne
famille, Hocine Aït Ahmed. Pour les jeunes
dissidents comme Ben Bella et ses
amis, Diên Biên Phu est un déclic. Il
faut passer à l’action sans tarder, comme en Indochine. Une date
est choisie pour l’insurrection générale : ce sera le
1er novembre 1954, le jour de la
Toussaint.
Épisode 3 : La « sale guerre » (1956-1957)
Début 1956, la guerre dure depuis deux ans, même si tout le monde
feint de l’ignorer. Avec les pouvoirs spéciaux que lui a accordés
l’Assemblée nationale, Guy Mollet envoie
le contingent en Algérie. Dans les années qui suivent, un million
et demi de jeunes Français, des appelés venus de métropole, vont
débarquer pour un service militaire porté à trente mois. Une
génération entière va découvrir la guerre. Marquée par de terribles
attentats, l’année 1956 voit s’affronter différents fronts. Les
ultraradicaux de l’Algérie française, soutenus par certains
militaires, cherchent à faire pression sur la population et le
gouvernement. Tandis qu’en réaction à la guerre
contre-révolutionnaire menée par l’armée française, le « FLN
des débuts » va se structurer, éliminer ses rivaux, étendre
son influence politique et mener son combat dans les villes. La
vraie guerre d’Algérie peut alors commencer.
Mardi 15 mars à 21.10
Épisode 4 : 1957, la bataille d’Alger
1957 : il y a trois ans déjà que la guerre a commencé. Plus de
200 000 jeunes appelés du contingent viennent de
débarquer pour prêter main-forte à l’armée qui se bat dans les
djebels contre le Front de libération national algérien (FLN).
Bientôt, ils seront un million cinq cent mille, venus des quatre
coins de la France, à participer à « cette guerre sans
nom » qui est devenue une « sale guerre » où
l’armée, les paras, la Légion traquent les maquisards du FLN. Une
« sale guerre » dans les campagnes où le FLN attaque et
s’en prend aux Européens et aux musulmans pro-Français. 1957 est
une année pivot où, dans les deux camps, les durs vont l’emporter.
Côté français, l’armée va imposer ses vues à un pouvoir politique
en perdition. Côté algérien, c’est la montée en puissance du FLN,
qui se structure, s’impose face à ses rivaux, et va inaugurer une
nouvelle stratégie, un nouveau front : porter la terreur dans
les villes et d’abord à Alger. Ce sera la bataille
d’Alger.
Épisode 5 : Vers l’indépendance (1959-1962)
C’est le vrai-faux coup d’État du 13 mai à Alger qui
ramène de Gaulle au pouvoir après douze
années de traversée du désert. Il est l’homme providentiel pour les
pieds-noirs et l’armée. Mais, très vite, des doutes s’installent
chez ceux qui l’ont porté au pouvoir. Où va-t-il, ce de Gaulle de
1958 ? Où conduit-il l’Algérie ? Pense-t-il déjà à
l’indépendance ? Ou seulement, comme on le dit, à quelques
réformes profondes pour donner à l’Algérie un statut
d’autonomie ? De 1958 à 1959, de
Gaulle va tenter de trouver son chemin vers l’orient
compliqué de l’Algérie. Il lance l’ambitieux plan de Constantine,
pour développer économiquement l’Algérie et lier son destin à celui
de la France. Il jure : « Jamais, moi vivant, le
drapeau du FLN ne flottera sur Alger », et il poursuit la
guerre militaire avec plus de force encore que ses prédécesseurs.
Un déferlement militaire est déclenché avec le plan Challe afin
d’écraser le FLN. Mais, de faux-semblants en équivoques, la guerre
d’Algérie va durer trois années de plus. Et ce sera la plus
chaotique des indépendances.
Mardi, à 23.15, la diffusion des deux derniers épisodes
sera suivie d’un débat présenté par Julian Bugier sur le thème
« Algérie : les héritages de l’histoire ».
Invités en plateau :Benjamin
Stora et Georges-Marc Benamou,
coauteurs de la série C’était la guerre
d’Algérie ; Kahina Bahloul,
islamologue franco-algérienne et imame ; Mehdi
Boumendjel, petit-fils de l’avocat Ali Boumendjel
assassiné à Alger en 1957 ; Naïma
Huber-Yahi, historienne ; Rabah
Zanoun, fils de harki.
La série documentaire sera disponible sur france.tv à partir du lundi 14 mars à 06.00